Études d'ingénieurs en France

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Cet article traite de la formation des ingénieurs. Pour plus d’information sur le métier d’ingénieur, voir Ingénieur.

La France possède la particularité de disposer, en plus des universités, d’écoles d’ingénieurs. Celles-ci se distinguent notamment par une sélection à l’entrée et un effectif réduit. Les études durent cinq ans au total (dont deux ans de cycle préparatoire) et débouchent sur un diplôme d’ingénieur.

Sommaire

[modifier] Historique

La première école est l’École des ponts et chaussées, créée en 1747. Elles se développent avec la suppression des universités en 1793. L’École polytechnique permet de fournir des diplômés aux grands corps d’État, tandis que se développent des écoles créées par les industries, comme l’École centrale des arts et manufactures (École centrale Paris). En 1934 est créée la Commission des titres d'ingénieur pour habiliter les établissements privés.

Puis on assiste à une réorganisation de la formation. Les écoles nationales supérieures d’ingénieurs (ENSI) sont créées en 1947, ce sont toutes des écoles appartenant à des universités. L’École nationale supérieure d'arts et métiers se restructure en 1963 pour avoir un diplôme à bac+5. Sont créés également les écoles nationales d’ingénieurs et les instituts nationaux des sciences appliquées, alors des écoles en quatre ans. On voit ensuite l’apparition des écoles internes aux universités[1].

[modifier] Ingénieur et ingénieur diplômé

Dans l’industrie traditionnelle, l’ingénieur est avant tout un animateur d’équipe et un gestionnaire qui doit composer avec d’autres collaborateurs (ouvriers, techniciens) pour assurer la production (de biens ou de services), développer de nouveaux outils ou produits (machines, logiciels, méthodes) et optimiser les procédés.

Dans les entreprises à forte composante humaine en recherche et développement (industrie du savoir), l’ingénieur est une composante « ouvrière » participant à la création d’un produit ou d’un service.

Il doit avoir de solides bases scientifiques et technologiques afin de comprendre les processus mis en jeu et pouvoir ainsi les faire évoluer.

L’ingénieur est soumis à une nécessité de formation permanente s’il veut « rester performant » et doit, par conséquent, pratiquer régulièrement des activités de veille technologique.

Un étudiant d’une école habilitée par l’État devient après ses études « ingénieur diplômé ». Seuls ceux-ci ont ce titre. Depuis 1934, une personne usurpant le titre d’ingénieur est passible d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 15 000 euros[2]. Le master professionnel est un diplôme national sanctionnant une formation en deux ans après la licence à vocation « professionnelle », comme l’indique son intitulé. Pour les disciplines scientifiques, cette formation possède donc une vocation proche de celle menant au diplôme d’ingénieur, cependant le titulaire d’un master professionnel ne possède pas de titre d’ingénieur diplômé.

En France, le terme « ingénieur » est utilisé en rapport avec plusieurs fonctions ou niveaux de formation :

  • Ingénieur diplômé : titulaire d’un titre d’« ingénieur diplômé » (baccalauréat+5 - grade 300 ECTS) conféré par un diplôme d’ingénieur délivré par un établissement d’enseignement supérieur habilité par l’État.
    • Ingénieur diplômé d’un établissement, la forme la plus classique
    • Ingénieur diplômé par deux établissements, dont au moins un français (encore peu développé)
    • Ingénieur de spécialisation, diplôme délivré à des ingénieurs déjà diplômés.
    • Ingénieur diplômé par l’État, procédure similaire à la validation d’acquis mais sans passer par une école[3].
  • Ingénieur-maître : titre accordé à certains diplômés d’un institut universitaire professionnalisé (bac+4),
  • Ingénieur d’études ou Ingénieur de recherche : membre du corps de fonctionnaires éponyme en poste dans les organismes de recherche tels que le CNRS, qui n’est pas nécessairement titulaire d’un diplôme d’ingénieur.
  • Ingénieur reconnu d’origine scientifique (IRS), c’est-à-dire ceux titulaires d’un diplôme Bac+5 scientifique universitaire ou d’un titre scientifique reconnu CNCP niveau I,
  • Ingénieur reconnu (IR), c’est-à-dire ceux titulaires d’un diplôme Bac+2 scientifique et qui ont exercé, pendant une certaine durée, des fonctions d’ingénieur.

Ces deux appellations sont données par le Conseil national des ingénieurs et scientifiques de France.

[modifier] Les écoles d’ingénieurs

École nationale supérieure de chimie et de physique de Bordeaux

En France, le diplôme d’ingénieur est obtenu dans une école d’ingénieurs, dont les plus anciennes ont été créées au XVIIIe siècle. Les études durent cinq années après le baccalauréat scientifique. Il existe différents types d’écoles : publiques ou privées, indépendantes ou intégrées à une université. Elles organisent elles-mêmes leur formation, le plus souvent en harmonie avec les centres de recherche et les industries environnantes, et le contrôle des connaissances. En 2008, cette formation concerne 100 000 étudiants[3], également appelés « élèves-ingénieurs ».

Ces établissements ont pour point commun d’être habilités par le ministre français de l'Enseignement supérieur après enquête et agrément de la commission des titres d'ingénieur concernant entre autres la qualité de la formation[4]. La liste des écoles habilitées à délivrer des diplômes d'ingénieur est publiée chaque année par arrêté ministériel. En cas de refus de la part de la Commission des titres d’ingénieur, l’école peut faire appel auprès du Conseil supérieur de l'éducation[5]. Au 1er janvier 2006, 220 établissements, dont 11 établissements de spécialisation (formations qui s'adressent à des ingénieurs diplômés), sont habilités à délivrer 450 diplômes d’ingénieurs dont 90 par la voie spécifique de la formation continue et/ou par apprentissage. Depuis 1999, le grade de master est conféré par l’État à tout titulaire d’un titre d'ingénieur diplômé.

Des formations d'ingénieurs « par alternance », inspirées de pays comme l’Allemagne, ont également vu le jour : les élèves alternent périodes en entreprise et en école durant leur scolarité. Ces diplômés, malgré une formation théorique et générale moins poussée, sont avant tout des ingénieurs « de terrain » et spécialisés. Les écoles développent également une offre de formation continue.

École supérieure d'électricité

[modifier] Années préparatoires et concours

Comme pour toutes les études du second cycle, les écoles d’ingénieurs sélectionnent leurs élèves[6].

On distingue souvent durant les cinq années d’études un cycle « préparatoire » et un cycle « ingénieur ». La séparation entre ces deux cycles se fait de différentes manières :

Les écoles peuvent aussi intégrer sur dossier des élèves ayant un brevet de technicien supérieur, un diplôme universitaire de technologie, ou une formation universitaire (licence, master), ou un diplôme étranger, ou bien encore après une expérience professionnelle préliminaire en tant que technicien supérieur (filière Descomps).

La réalité est souvent bien plus compliquée, chaque école pouvant avoir plusieurs modes de recrutement.

[modifier] Formation de l'ingénieur

Les élèves reçoivent une formation scientifique, mais aussi un enseignement des langues étrangères et du management.

Les élèves peuvent réaliser des projets pour des entreprises et mettent leur connaissances en pratique lors des stages obligatoires.

Parmi les conditions d’attribution du diplôme figurent notamment le niveau B2 en anglais du cadre européen commun de référence pour les langues attesté par exemple par une note de 750 au TOEIC[3]. Cependant certaines grandes écoles vont encore plus loin en demandant un TOEIC à 800pts (ou TOEFL 550), c'est le cas de l'Ecole Polytechnique, de l'Ecole Centrale Paris, de l'ESTP Paris, de l'Ecole Navale.

[modifier] Formation d’ingénierie en dehors des écoles

En dehors du diplôme d’ingénieur, les formations suivantes peuvent se consacrer à l’ingénierie[7] :

[modifier] Notes et références

  1. Historique des école françaises d'ingénieurs, site de la CDEFI (lire en ligne)
  2. Article L642-12 du code de l’éducation et Article 433-17 du code pénal
  3. abc Document Références et Orientation de la CTI, édition 2009 (lire en ligne)
  4. Article L642-1 du code de l’éducation
  5. Article L642-5 du code de l’éducation
  6. Article 612 du code de l'éducation
  7. Le devenir de l’ingénierie, Robert Chabbal (lire en ligne)

[modifier] Annexes

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

  • Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs *
  • Comité d'étude sur les formations d'ingénieurs *
  • Conseil national des ingénieurs et des scientifiques de France *
  • Commission des titres d'ingénieur *
  • Service de concours écoles d'ingénieurs
  • Bureau national des élèves ingénieurs *

[modifier] Bibliographie

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