Éclaireurs neutres de France

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Les éclaireurs neutres de France, ou ENF, sont une association française de scoutisme. Ils se définissent comme un mouvement d'éducation complémentaire à la famille et l'école et sont agréés par le ministère de la Jeunesse et des Sports depuis 1960.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les ENF sont fondés en 1947 par Marcel Lepage comme une association laïque pratiquant une neutralité active à l'égard des croyances religieuses. En 1952, Georges Bertier, fondateur des Éclaireurs de France, rejoint les ENF et en accepte la présidence. Son successeur, Henri Viaux, lança la décentralisation du mouvement et la mise en place des camps de formation des cadres. En 1959, l'abbé Andréis, issu des Scouts de France, apporta également son soutien aux ENF.

En 1999, ils sont signataires du message aux familles et en 2000 ils fondent avec les Scouts d'Europe et la fédération des éclaireuses et éclaireurs la Conférence française de scoutisme, association qui n'a jamais eu d'activité depuis.

Suite à une modification de leurs statuts, les ENF peuvent affilier sous leur nom d’autres associations de scoutisme, y compris non laïques, leur permettant ainsi de bénéficier de leur agrément d'accueil de scoutisme. L'association connaît ainsi une forte croissance au début des années 2000 en accueillant dans son sein trois petites associations catholiques. En 2013 les ENF sont environ 3500.

Pédagogie[modifier | modifier le code]

Associations affiliées[modifier | modifier le code]

À partir de 2001, les ENF s’ouvrent à d’autres mouvements de scoutisme, devenant de fait une fédération. Ils accroissent ainsi considérablement leurs effectifs tandis que les associations affiliées bénéficient de l’agrément ministériel d’accueil de scoutisme, qui confère une reconnaissance étatique et un régime dérogatoire en matière de réglementation des accueils collectifs de mineurs. Les présidents de ces mouvements sont membres du comité directeur des ENF. Trois associations sont aujourd’hui affiliées, toutes trois catholiques traditionalistes : les Scouts et guides de Riaumont, les Scouts et guides Saint Louis et les Europa scouts. La demande d’affiliation de l’Association de sauvegarde du patrimoine scout, groupe intégriste vendéen, a par contre été refusée. Une adhésion des Randscouts fut évoquée en 2006 mais n’a pas été réalisée.

Scouts et guides de Riaumont[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Scouts et guides de Riaumont.

Les Scouts et guides de Riaumont sont un mouvement de scoutisme unitaire catholique traditionaliste qui a rejoint les ENF en 2001. Il dépend de la communauté de Riaumont, dans le Pas-de-Calais.

Apparu en 1960 au sein du village d'enfants de Riaumont, les Scouts et Guides de Riaumont furent membre fondateur des Scouts Saint Georges en 1968, puis de l'Association française de scouts et guides catholiques en 1981, dont ils se séparèrent successivement.

Scouts et guides Saint-Louis[modifier | modifier le code]

Les Scouts et Guides Saint-Louis (SGSL) sont un mouvement de scoutisme unitaire catholique traditionaliste basé dans la région lyonnaise qui a rejoint les ENF en 2002. Ils réunissent environ 200 jeunes.

Ce mouvement est issu de la scission en 1972 des Scouts d'Europe de quatre groupes stéphanois et lyonnais qui refusaient la nouvelle organisation des Scouts d’Europe et voulaient garder le libre choix de leurs aumôniers. À l’origine de ce mouvement, on trouve notamment le père Delarue, ancien aumônier du 1er REP, le régiment putschiste en 1961.

Sur le plan religieux, les SGSL affirmaient leur attachement au rite tridentin et leur soutien à Monseigneur Lefebvre suite au concile de Vatican II. Le mouvement se rapprochera par la suite de la Fraternité Saint-Joseph. Bien que la question liturgique soit en cause lors de la scission, le père Delarue dira la quasi-totalité des messes selon le rite de Paul VI pendant les quinze ans où il sera aumônier. Le début des années 90 voit l’arrivée d’aumôniers issus de la Fraternité Saint-Pierre et la réintroduction partielle du rite de Saint Pie V.

La pédagogie du mouvement est proche de celle des Scouts d’Europe. L’uniforme est semblable, à quelques exceptions : la croix de promesse, l'insigne « ENF » porté à droite de la poitrine et un écusson « Espoir et Salut de la France » porté sur la manche gauche ; l’écusson de province est celui de Lyon. Les quatre troupes d’éclaireurs sont spécialisées : alpine (béret alpin), « terrestre » (quatre-bosses) ou marine (uniforme traditionnel des scouts-marins).

Europa scouts[modifier | modifier le code]

Les Europa scouts sont un mouvement de scoutisme unitaire catholique traditionaliste qui a rejoint les ENF en 2002. À l'été 2011, ils réunissent 21 groupes[1] et environ 1500 jeunes, soit la moitié des ENF. Leur pédagogie est très proche de celle des Scouts d’Europe, dont ils sont issus.

Etendard des Europa scouts

Les Europa scouts sont fondés en 1987 par Pierre Géraud-Keraod (PGK) après son éviction en 1986 de l’Association des guides et scouts d'Europe (AGSE), mouvement dont il était l'un des principaux fondateurs. Il crée d’abord l’association « Premiers baussants » en août 1987[2], qui regroupe le noyau historique des Scouts d'Europe, qui l'a suivi dans sa rupture avec la nouvelle équipe nationale de l'AGSE. Le nom de l’association vient de l’étendard des Templiers que PGK avait repris comme drapeau des Scouts d’Europe en 1965. En septembre 1987, il fonde les Europa scouts[3]. Le mouvement regroupe des groupes issus de l’AGSE, essentiellement dans l’Ouest (Sarthe, Maine-et-Loire) et dans le Sud (Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône), soit environ 750 jeunes.

Juridiquement, l'association « Europa scouts » existait depuis 1975[4] mais ne constituait qu'une structure vide au sein des Scouts d’Europe. PKG l’active en 1987 et transfère le siège de l’association du centre national de l'AGSE à La Flèche. Elle avait été créée par PKG dans un but de rapprochement[5] entre les Scouts d'Europe français les Europa scouts autrichiens, un mouvement laïque aux origines de l’AGSE, mais n’avait jamais eu d’activité. Les Europa scouts français n’entretiendront jamais de liens avec les Europa scouts autrichiens, avec lesquels ils n’ont donc qu’un lointain rapport historique.

PGK demande dès 1990 au ministère de la jeunesse et des sports d’agréer les Europa scouts comme accueil de scoutisme, demande qui est refusée en 1991. Malgré l’annulation du refus par le Conseil d’Etat en 1995, les Europa scouts ne seront jamais directement agréés. Depuis 2002 et leur adhésion aux ENF, ils bénéficient de l’agrément de ces derniers. À la mort de PKG, survenue le 21 octobre 1997, le mouvement implose et de nombreuses unités le quittent pour les Scouts d’Europe ou les Scouts unitaires de France.

Au début des années 2000, le mouvement est re-dynamisé et accueille des groupes issus des Scouts d’Europe, des Scouts Unitaires de France attachés à la forme extraordinaire du rite romain et fidèles à Rome, puis de petits mouvements catholiques. Le mouvement crée aussi de nombreux groupes partout en France et compte actuellement environ 1500 membres. À Pierre Géraud-Keraod succèderont au poste de président de l'association Robert Brochet, Jean-Michel Lerouge, Georges Verny puis Pascal Barthélemy et enfin Christian Piot (actuel)[1].

La pédagogie et l’uniforme des Europa scouts sont proches de ceux des Scouts d’Europe. Néanmoins, lors de leur affiliation aux ENF, ils se sont vus contraint de ne plus utiliser l’insigne de l’AGSE. Leur insigne est une fleur de lys sur une croix de Malte, sur fond jaune et blanc qui rappellent les couleurs du pape. La principale différence entre les Scouts d’Europe et les Europa scouts est donc religieuse puisqu’ils regroupent des groupes catholiques traditionalistes. Leurs conseillers religieux sont généralement issus des communautés Ecclesia Dei.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://europa-scouts.fr/rejoindre/rejoindre.php?menusel=8
  2. Déclaration le 12 août et publication au Journal officiel du 9 septembre 1987
  3. Déclaration le 29 septembre et publication au Journal officiel du 21 octobre 1987
  4. Déclaration le 25 novembre et publication au Journal officiel du 13 décembre 1975
  5. Objet associatif : « Maintenir la tradition des promoteurs du scoutisme européen et développer dans le cadre de ce mouvement les relations des groupes français avec les pays de langue allemande » (Journal officiel du 13 décembre 1975)

Liens externes[modifier | modifier le code]