Ébriés

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Pendentif-serpent[1]

Les Ébriés sont une ethnie de Côte d'Ivoire. Initialement appelés « Tchaman » ou peuple « atchan » entendons « ceux qui ont été choisis, ou les élus », le nom "Ébrié" leur fut donné par leurs voisins Abourés de Moossou, par raillerie qui signifie « les gens sales » et ce à la suite d'une guerre perdue par ces derniers. A leur tour les Ebriés les appelaient "Kôrôman" qui signifie aussi « les gens sales » en Ebrié, Les Ébriés sont des lagunaires. Ils vivent au Sud de la Côte-d'Ivoire, autour de la lagune qui porte leur nom. Cet imposant plan d'eau qui traverse la ville d'Abidjan va de Grand-Bassam (à l'est) au canal d'Assagni (à l'ouest). Ce peuple représente environ 0,7 % de la population du pays.

Histoire du peuple Tchaman ou Ébriés[modifier | modifier le code]

Les Ébriés sont membres du groupe ethnique et linguistique Akan. Leur tradition orale nous enseigne qu'ils viennent du Nord-Est, d'une région voisine du pays Ashanti au Ghana. Ils émigrèrent à partir du XVIIIe siècle à la suite d'une guerre avec une ethnie voisine. Cette migration s'est déroulée par vagues successives. En Côte d'Ivoire, ils se sont regroupés en neuf phratries ou goto, possédant chacune son propre nom  : Akouedo, Kwè, Bidjan, Yopougon, Nonkwa, Songon, Bobo, Dyapo, Bya et Gnangon. Toutes ces phratries forment un ensemble de soixante-trois villages.

Organisation des villages[modifier | modifier le code]

Dans l'ensemble, les Ébriés habitent de gros villages organisés le long d'une artère centrale. Chaque village, possède trois édifices religieux : église catholique, temple protestant et temple harriste. Les villages ou "akubè" sont divisés en quartiers ou "akrobu" dont les noms tiennent compte de l'inclinaison du terrain sur lesquels ils sont bâtis. "atô" est le nom donné aux quartiers qui se trouvent sur les terrains élevé et "até" pour ceux qui se trouve sur les terrains bas. Les bâtiments des écoles sont groupés dans un quartier à part. Les cimetières se trouvent généralement dans le quartier "atô" (élevé) à quelques centaines de mètres du village..

Activités économiques[modifier | modifier le code]

L'activité principale de ce peuple est la pêche. Toutefois, ceux qui habitent dans les régions périphériques (Songon, Bingerville...) pratiquent l'agriculture et produisent des vivriers (banane plantain, igname, taro, manioc) et des produits d'exportation (café, cacao, hévéa, palmier à huile, banane douce...)

Organisation politique et traditionnelle[modifier | modifier le code]

L'une des structures fondamentales de la société Ébrié, c'est les générations d'habitants. Une génération regroupe tous ceux qui sont nés dans un espace de temps de quinze ans au moins. Les membres de la même génération se considèrent tous comme des frères. Cette organisation prend en compte les deux sexes (homme et femme) et l'on distingue quatre générations désignées sous les appellations suivantes : Blessoué, Gnando, Dougbo et Tchagba. Chaque génération comprend quatre classes d'âge dont les noms sont les Djehou (aînés), les Dogba (puînés), les Agban (cadets) et les Assoukrou (benjamins). Le cycle complet des quatre générations dure soixante ans. il faut noter que cette organisation sociale repose essentiellement sur des clans qui sont fonctions du lignage maternel. Toutefois, un enfant qui naît appartient à son père. Ce dernier est chargé de lui donner un nom. C'est lorsqu'il grandit qu'il intègre sa famille maternelle (système matrilinéaire). Les rapports entre les générations sont institutionnalisées. Cette organisation fait que chez les Ébriés, Tous les individus sont égaux en droits et en devoirs et sont chargés de diriger les affaires du village. Ce qui fait de la société Ébrié, une société égalitaire et démocratique.

La Fatchué ou fête de génération chez les Ébriés[modifier | modifier le code]

Chaque année, une des générations ci-dessus mentionnées organise une fête appelée Fatchué, c'est la fête de génération du peuple Ébrié vieille de plus de trois siècles. C’est une cérémonie initiatique qui marque le passage d’une étape à une autre dans la vie des jeunes filles et garçons des classes d’âge qui composent une génération. Au cours de cette fête, la classe d’âge dirigeante passe le flambeau à une autre classe d’âge qui aura à son tour à gérer les affaires du village. Ce passage de flambeau permet à la classe d'âge qui le reçoit, de passer de l’adolescence à l’âge adulte, à l’âge de la maturité. À partir de cette cérémonie, les individus de cette classe d'âge auront le droit de prendre la parole au cours des assemblées et donc de prendre part aux décisions du village.

Bon à savoir[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Annales de l'Université d'Abidjan, 1969, série F : Ethnosociologie, 1969, tome I,, fasc. 1, p. 51-89.
  • René Bouscayrol, « Notes sur le peuple ébrié », in Bulletin de l'Institut français d'Afrique noire, tome XI, nos 3-4, juillet-octobre 1949, p. 382-408
  • Gérard Dumestre, « Note sur quelques jeux ébrié du village de Locodjo », in Annales de l'Université d'Abidjan, série F, (1970), tome II, fasc.2, p. 103-108
  • Marthe Adjoba Koffi, Mutations sociales et gestion de l'espace rural en pays ébrié (sud-est de la Côte d'Ivoire), Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2007, 415 p. (thèse de Géographie)
  • Anne-Marie Pillet-Schwartz, Aghien un terroir ébrié : quinze ans de technostructure en Côte d'Ivoire, ORSTOM, Paris, 1982, 161 p. (ISBN 2-7099-0611-2) (texte remanié d'une thèse de 3e cycle de Géographie, compte-rendu en ligne [1])

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

La Fatchué ou fête traditionnelle dite de génération en pays « Tchaman » ou « atchan» (Vidéo)