Ève Lavallière

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Ève Lavallière

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Ève Lavallière vers 1890

Nom de naissance Eugénie Marie Pascaline Fénoglio
Naissance 1er avril 1866
Toulon
Décès 10 juillet 1929 (à 63 ans)
Thuillières
Activité principale Actrice
Années d'activité 1889-1917
Conjoint Fernand Louvreau (dit Samuel)

Ève Lavallière, Eugénie Marie Pascaline Fénoglio de son nom d'état-civil, est une comédienne puis religieuse franciscaine française, née le 1er avril 1866 à Toulon, morte le 10 juillet 1929 à Thuillières Vosges.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ève Lavallière est née au 8 rue du Champ-de-Mars à Toulon. Elle était la fille de Louis-Emile Fénoglio, tailleur d'origine napolitaine, et d'Albanie-Marie Audenet, née à Perpignan. À sa naissance, ses parents avaient déjà un garçon. Sa venue n'étant pas désirée, elle a été placée, jusqu'à l'âge de sa scolarité, chez des paysans, de braves gens assez frustes. À l'âge scolaire, elle a été inscrite par ses parents dans une école privée de bonne notoriété. Mais le 16 mars 1884, Eve assiste à une dispute de ses parents, et son père tue sa mère de 2 coups de revolver avant de se donner la mort à son tour.

Elle part vivre ensuite à Toulon puis à Nice, avant de faire ses débuts sur les scènes du Music-hall et du Théâtre dans une troupe ambulante sous le nom de Éveline Lavalette. Rêvant de Paris, elle s' y retrouve en 1889 et se fait remarquer à des cours de danse. En 1891, on la présente à Eugène Bertrand, le directeur du théâtre des Variétés, qui l'embauche dès ses premiers essais. Elle commence par tenir un rôle de figuration dans La Belle Hélène de Jacques Offenbach, mais Mlle Crouzet qui tenait le rôle d'Oreste meurt subitement et c'est Eve qui reprend le rôle. Elle n'a alors que 25 ans. La voix d'Eve Lavallière est d' une gamme très étendue, ce qui va en faire une comédienne de théâtre renommée à la Belle Époque (entre 1891 et 1917). Plusieurs grandes réalisations voient sa participation à l'époque dont Le Sire de Vergy au côté d'Albert Brasseur (1903). Sa renommée est semblable à celle de Sarah Bernhardt.

Dans le même temps, elle épouse Fernand Louvreau (dit Samuel), le directeur du Théâtre des Variétés de 1892 à 1914, dont elle se sépare dès 1897. Elle hérite à sa mort en 1914 notamment du château de Saint-Baslemont avec sa fille Jacqueline Louvreau (1895-†1980).

En 1917, en pleine Première Guerre mondiale, à la suite de la dernière représentation de Carmenitta au théâtre Michel à Paris, Eve Lavallière tombe malade et ne paraîtra plus jamais sur scène. Elle cherche du repos en Touraine et s'installe au château de Choisille à Chanceaux-sur-Choisille (plus tard occupé par le cirque Pinder). Sa rencontre avec l'Abbé Chasteignier de Chanceaux va aboutir à sa conversion au catholicisme le 19 juin 1917. Elle souhaite entrer dans les ordres et devient franciscaine tertiaire (membre d'un Tiers-Ordre). Elle devient Sœur Eve-Marie du Cœur de Jésus, et part sur les traces du Père Charles de Foucauld en Afrique.

Entre 1917 et 1920, elle change souvent de résidences alternant avec le château de Chanceaux, le château de Saint-Baslemont et Lourdes. L'année 1919 marque l'apogée de ses voyages où elle se rend à Pau, Guéthary, Marseille, Nice, Paris, Sanary et le couvent de la Sainte Baume en Provence. Elle entreprend ensuite de 1921 jusqu'au milieu de 1923 plusieurs voyages en Tunisie où elle distribue sa fortune estimée à 1 million de francs or, souhaitant vivre dans la pauvreté. Elle ne revient que quelques mois d' été à Thuillières. À partir de l'été 1924 elle revient définitivement vivre en France à Thuillières en alternance avec Toulon sa ville de naissance. Elle termine sa vie dans le dénuement à la suite de la dépossession de ses biens par sa propre fille travestie et droguée qui se fait appeler Jean Lavallière, mais aussi par les nombreux dons qu'elle fait aux œuvres caritatives notamment en Tunisie. Elle décède finalement à Thuillières le 11 juillet 1929. Elle est inhumée très simplement au pied du mur de l' église du village.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Caricature de Sem (1902).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Omer Englebert, Vida y conversión de Eva Lavallière, Mundo Moderno, Biografías y Memorias, Buenos Aires, 1953
  • (es) José María Hernández Gamell, Una mujer extraordinaria. Vida y conversión de la famosa artista de París, Eva Lavallière. Ed. Caballeros Comendadores de Santa Teresita del Niño Jesús y de la Santa Faz, Madrid, 1944 ; réédition, Afrodisio Aguado, Madrid, 1945
  • Jean-Paul Claudel, Ève Lavallière : Orpheline de la terre, Gérard Louis éditeur, 2007 (ISBN 2914554796)
  • Bertrand Beyern, Guide des tombes d'hommes célèbres, Le Cherche midi,‎ 2011, 385 p. (ISBN 9782749121697, lire en ligne), p. 272

Liens externes[modifier | modifier le code]