Æthelred Ier de Mercie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ethelred.
Æthelred Ier
Titre
Roi de Mercie
675704
Prédécesseur Wulfhere
Successeur Cenred
Biographie
Nom de naissance Æthelred, Ethelred
Date de naissance Inconnue
Date de décès 716 ?
Lieu de décès Bardney (Angleterre)
Père Penda
Mère Cynewise
Conjoint Osthryth
Enfant(s) Ceolred Red crown.png
Ceolwald Red crown.png ?
Entourage Wulfhere (frère)
Peada (frère)
Cenred (neveu)
Oswiu de Northumbrie (beau-père)
Ecgfrith de Northumbrie (beau-frère)
Liste des rois de Mercie

Æthelred Ier (/ˈæθəlrɛd/) de Mercie fut roi de Mercie de 675 à 704. Fils de Penda, il monte sur le trône en 675, après la mort de son frère Wulfhere. Dès sa première année règne, il envahit le Kent et ses troupes détruisent la ville de Rochester. En 679, il met en déroute l'armée de son beau-frère Ecgfrith de Northumbrie à la bataille de la Trent. Cette victoire importante entame durablement l'influence northumbrienne en Mercie en même temps qu'elle permet à Æthelred de récupérer la province de Lindsey, perdue en 674, et d'étendre ses frontières plus au nord jusqu'aux rives de l'Humber. En revanche, malgré ses tentatives, il ne parvient pas à retrouver les possessions de ses prédécesseurs dans le sud de l'île.

Æthelred est connu pour avoir été un roi religieux et pieux qui se remarqua par de nombreuses donations de terre à l'Église. De surcroît, c'est durant son règne que Théodore de Tarse, archevêque de Cantorbéry, réorganise les structures ecclésiales de l'Angleterre en créant plusieurs évêchés en Mercie et en Northumbrie. Æthelred se lie également d'amitié avec Wilfrid, évêque d'York, lorsque celui-ci est chassé de son évêché de Northumbrie. Dans ce sens, il va jusqu'à lui confier l'évêché vacant de Lichfield et le soutient lors du Concile de Austerfield, autour de l'année 702, durant lequel Wilfried expose ses récriminations avec l'intention de retrouver les terres ecclésiastiques qui lui ont été usurpées en Northumbrie.

Il se marie à Ostryth, fille d'Oswiu de Northumbrie, avec qui il a deux fils : Ceolred, qui devient roi de Mercie en 709 (après le règne de son cousin), et Ceolwald, roi de Mercie en 716. Cependant, l'existence et le règne de ce dernier sont incertains car seule une liste conservée à la cathédrale de Worcester en fait mention. Quoi qu'il en soit, le règne de Ceolwald est nécessairement très bref car les sources concordent pour dire qu'Æthebald devient roi l'année même de la mort de Ceolred en 716.

Vers la fin de ses jours, Æthelred abdique au profit de son neveu, Cenred, et devient moine à l'abbaye de Bardney, qu'il avait fondée avec son épouse. Il en devient l'abbé et y meurt à une date inconnue.

La Mercie au VIIe siècle[modifier | modifier le code]

Carte des peuples anglo-saxons vers l'an 600

À l'arrivée sur le trône d'Æthelred en 675, l'Angleterre est presque entièrement divisée entre plusieurs royaumes anglo-saxons. Parmi ceux-ci, la Mercie occupe les actuels Midlands[1]. Elle est entourée par la Northumbrie au nord, par l'Est-Anglie à l'est et par le Wessex et l'Essex au sud. Ce dernier, situé entre l'Est-Anglie et le Kent, inclut la ville de Londres. Les origines du royaume de Mercie ne sont pas clairement connues, faute de sources fiables, et ce n'est qu'à partir du deuxième quart du VIIe siècle, sous le règne de Penda, père d'Æthelred, qu'apparaissent les premiers éléments factuels solides[2].

La principale source littéraire concernant cette période est l'Histoire ecclésiastique du peuple anglais du moine northumbrien Bède le Vénérable, probablement achevée vers 731. Cet ouvrage se concentre avant tout sur l'histoire de l'Église, mais il contient également d'importantes informations sur la vie politique des royaumes anglo-saxons. Cependant, si Bède disposait de contacts avec des monastères dans le Wessex et le Kent, il ne semble pas avoir entretenu de tels contacts en Mercie, et l'image qu'il offre de ce royaume est donc moins précise[3]. Des informations supplémentaires sont fournies par les chartes, des documents enregistrant les donations royales de terres à des personnes ou à des établissements religieux[4],[5], ainsi que par la Chronique anglo-saxonne, compilée au Wessex à la fin du IXe siècle mais incorporant des informations d'origine plus ancienne[6].

Selon le récit de Bède, Oswiu de Northumbrie affronte l'armée de Mercie en 655 et tue Penda à la bataille de Winwaed[7]. Il divise alors le royaume de Mercie en deux : s'arrogeant le contrôle de la partie nord, il place sur le trône de la partie sud Peada, fils de Penda. Toutefois, celui-ci est assassiné en 656 et Oswiu prend le contrôle de toute la Mercie. Mais le règne d'un souverain étranger mécontente les Merciens et, deux ans après la prise de pouvoir par Oswiu, un coup d'État libère le royaume du joug northumbrien et place sur le trône Wulfhere[8], également fils de Penda. Au début des années 670, Wulfhere devient le souverain le plus puissant d'Angleterre puisqu'il exerce son pouvoir sur tous les royaumes anglo-saxons, à l'exception du royaume de Northumbrie[9]. Cependant il est défait par Ecgfrith de Northumbrie, fils d'Oswiu, et, affaibli, il meurt en 675[10],[11]. C'est alors son frère, Æthelred, qui monte sur le trône de Mercie, peut-être en raison de l'âge encore prématuré de son fils, Cenred

Ascendance et premières années de règne[modifier | modifier le code]

Cenred de Mercie Alchfled de Northumbrie Ermenilda Werburh Oswiu de Northumbrie Peada de Mercie Wulfhere de Mercie Penda Cyneswith Cynewise Merewalh Ceolred Alhfrith de Deira Ceolwald de MercieArbre généalogique de Æthelred Ier
À propos de cette image

Références[modifier | modifier le code]

  1. Brown et Farr 2005, p. 15-16.
  2. Brown et Farr 2005, p. 18-19.
  3. Yorke 1990, p. 100.
  4. Blair 1966, p. 14-15.
  5. Campbell, John et Wormald 1991, p. 95-98.
  6. Keynes 2014, p. 37.
  7. Yorke 1990, p. 103–104
  8. Yorke 1990, p. 96-97
  9. Kirby 1992, p. 115
  10. Kirby 1992, p. 116
  11. Williams 1999, p. 23

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sources primaires :
    • (en) Alan Orr Anderson, Scottish Annals from English Chroniclers A.D. 500–1286, Paul Watkins Publishing,‎ 1991 (1re éd. 1908), 434 p. (ISBN 1-871615-45-3, lien OCLC?)
    • (en) Bède le Vénérable (trad. Leo Sherley-Price), Historia ecclesiastica gentis Anglorum, Penguin,‎ 1991 (ISBN 978-0-14-044565-7).
    • (en) Raymond Davis (trad.), Book of the Pontiffs, Liverpool University Press,‎ 2000, 2e éd. (ISBN 0-85323-545-7).
    • (en) D. H. Farmer (trad. J. F. Webb), The Age of Bede, Penguin,‎ 1988 (ISBN 0-14-044437-8).
    • (en) Bertram Colgrave (trad.), Felix's Life of Saint Guthlac, Cambridge University Press,‎ 1956.
    • (en) Michael Swanton (trad.), The Anglo-Saxon Chronicle, Routledge,‎ 1996 (ISBN 0-415-92129-5).
    • (en) Dorothy Whitelock (trad.), The Anglo-Saxon Chronicle, Eyre & Spottiswoode,‎ 1961 (lien OCLC?).
  • Sources secondaires :
    • (en) Michelle P. Brown et Carol Ann Farr, Mercia: An Anglo-Saxon Kingdom in Europe, Continuum International Publishing,‎ 2005 (ISBN 0-8264-7765-8).
    • (en) James Campbell, Eric John et Patrick Wormald, The Anglo-Saxons, Penguin Books,‎ 1991 (ISBN 0-14-014395-5).
    • (en) Marge Feryok, « Offa's Dyke », dans Sarah Zaluckyj, Mercia: The Anglo-Saxon Kingdom of Central England, Logaston Press,‎ 2001 (ISBN 1-87382762-8).
    • (en) Peter Hunter Blair, Roman Britain and Early England: 55 B.C. – A.D. 871, W.W. Norton & Company,‎ 1966 (ISBN 0-393-00361-2).
    • (en) S. E. Kelly, « Coenred (d. after 709) », dans Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press,‎ 2004 (lien DOI?, lire en ligne).
    • (en) D. P. Kirby, Earliest English Kings, Routledge,‎ 1992 (ISBN 0-415-09086-5).
    • (en) Simon Keynes, « Anglo-Saxon Chronicle », dans Michael Lapidge, John Blair, Simon Keynes et Donald Scragg (éd.), The Wiley Blackwell Encyclopedia of Anglo-Saxon England, Wiley Blackwell,‎ 2014, 2e éd. (ISBN 978-0-470-65632-7).
    • (en) Patrick Sims-Williams, « Cuthswith, seventh-century abbess of Inkberrow, near Worcester, and the Würzburg manuscript of Jerome on Ecclesiastes », Anglo-Saxon England, Cambridge University Press, vol. 5,‎ 1976 (ISBN 0-521-03862-6).
    • (en) Frank M. Stenton, Anglo-Saxon England, Clarendon Press,‎ 1971 (ISBN 0-19-821716-1).
    • (en) Ann Williams, Kingship and Government in Pre-Conquest England, c. 500–1066., Basingstoke, Macmillan,‎ 1999 (ISBN 0-333-56798-6)
    • (en) Barbara Yorke, Kings and Kingdoms in Early Anglo-Saxon England, Seaby,‎ 1990 (ISBN 1-85264-027-8).

Lien externe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]