Ælfthryth

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« Édouard le Martyr poignardé sur l'ordre d'Elfrida », gravure du XVIIIe siècle

Ælfthryth, née vers 945 et morte vers 1000, également appelée Alfrida, Elfrida ou Elfthryth, est la seconde ou troisième épouse du roi Edgar d'Angleterre et la mère d'Æthelred le Malavisé. C'est la première épouse royale à avoir été couronnée et ointe reine d'Angleterre avec certitude. Elle dispose d'un pouvoir politique important, et est impliquée dans le meurtre de son beau-fils Édouard le Martyr. Dans de nombreux contes médiévaux, elle représente la figure de la mauvaise reine et de la marâtre.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Ælfthryth est la fille de l'ealdorman Ordgar et d'une femme de la famille royale du Wessex. La base de pouvoir de sa famille se situe dans l'ouest du Wessex : Ordgar est inhumé à Exeter et son fils Ordwulf fonde (ou refonde) l'abbaye de Tavistock[1].

En premières noces, Ælfthryth épouse Æthelwald, fils d'Æthelstan Demi-Roi, d'après la Vie d'Oswald de Worcester rédigée par Byrtferth de Ramsey[2]. Les récits ultérieurs, comme celui de Guillaume de Malmesbury, apportent des éléments de fiabilité douteuse.

D'après Guillaume, la rumeur de la beauté de la fille d'Ordgar parvient aux oreilles du roi Edgar, qui cherche une reine. Il envoie Æthelwald à sa rencontre, lui ordonnant « de lui offrir le mariage [avec Edgar] si sa beauté était à la hauteur de sa réputation ». Lorsque Ælfthryth s'avère aussi belle que ce que l'on dit d'elle, Æthelwald la prend pour femme et ment à Edgar sur sa beauté. Edgar découvre le pot aux roses et décide de rendre la monnaie de sa pièce à Æthelwald : il lui dit qu'il compte rendre visite à la pauvre femme, ce qui alerte Æthelwald. Il demande à Ælfthryth de se faire aussi laide que possible pour la venue du roi, mais celle-ci fait exactement le contraire. Edgar tombe amoureux d'elle et tue Æthelwald lors d'une partie de chasse[3].

Les documents historiques ne donnent pas la date de décès d'Æthelwald, pas plus que sa cause. On ne lui connaît aucun enfant d'Ælfthryth.

Reine[modifier | modifier le code]

De son précédent mariage avec Ethelfleda, Edgar a eu un fils, Édouard. Il est possible qu'il ait également été marié à Wulfthryth, qui lui a donné une fille, Eadgifu. Des impératifs politiques dictent le mariage d'Edgar et Ælfthryth : le pouvoir du premier est le plus fort en Mercie, tandis que la famille d'Ælfthryth est puissante au Wessex. En outre, Ælfthryth semble avoir été également apparentée à la famille de l'ealdorman de Mercie Ælfhere[4].

Edgar épouse Ælfthryth en 964 ou 965. En 966, elle donne naissance à un fils, nommé Edmond. Dans une charte de la même année, l'enfant est appelé « clito legitimus » (« atheling légitime »), apparaissant avant Édouard dans la liste de témoins. Edmond meurt jeune, vers 970, mais Ælfthryth a entre-temps donné naissance à un deuxième fils, appelé Æthelred[5].

Le roi Edgar organise un second couronnement à Bath le 11 mai 973, peut-être pour asseoir son autorité en tant que souverain de toute la Bretagne. Lors de cette cérémonie, Ælfthryth est elle aussi couronnée et ointe, lui octroyant un statut plus élevé qu'aucune autre reine avant elle[6].

Reine douairière[modifier | modifier le code]

Edgar meurt en 975, laissant deux fils, Édouard et Æthelred. Édouard est presque adulte, et disposait du soutien des archevêques Dunstan de Cantorbéry et Oswald d'York, ainsi que du frère du premier mari d'Ælfthryth, l'ealdorman Æthelwine d'Est-Anglie. Les prétentions au trône d'Æthelred sont soutenues par la reine-mère, l'évêque Æthelwold de Winchester et Ælfhere de Mercie[7].

Le 18 mars 978, Édouard est tué par des serviteurs d'Ælfthryth alors qu'il venait lui rendre visite à Corfe, et Æthelred monte sur le trône. Édouard est rapidement considéré comme un martyr, et Ælfthryth accusée de son meurtre. Æthelred étant encore jeune, sa mère assure la régence jusqu'à sa majorité, en 984. À cette date, ses anciens alliés Æthelwold et Ælfhere sont morts, et elle quitte la cour. Elle reste cependant une figure importante, et s'occupe des enfants qu'a Æthelred par sa première femme Ælfgifu[8].

Malgré le meurtre de son beau-fils, Elfrida est une femme dévote, particulièrement intéressée par les réformes monastiques sous le règne d'Edgar. Par la suite, elle se retire à Wherwell où elle meurt un 17 novembre entre 999 et 1001[9].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Stafford, Unification, p. 52-53
  2. PASE; Stafford, Unification, p. 52-53
  3. Malmesbury, Livre 2, § 139, p. 139-140
  4. Higham, p. 6-7 ; Stafford, Unification, p. 52-53
  5. Higham, p. 6-7 ; Miller, « Edgar » ; Stafford, « Ælfthryth »
  6. Miller, « Edgar » ; Stafford, « Ælfthryth »
  7. Higham, p. 7-14 ; Stafford, Unification, p. 57-59
  8. Higham, p. 7-14 ; Stafford, « Ælfthryth » ; Stafford, Unification, p. 57-59
  9. Stafford, « Ælfthryth »

Bibliographie[modifier | modifier le code]