Âge Hyborien

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Carte de la partie occidentale du monde durant l'Âge Hyborien (en espagnol)

L'Âge Hyborien (the Hyborian Age, en anglais) est une expression utilisée par l'auteur Robert E. Howard pour désigner une époque particulière de la chronologie fictive qui sert de cadre à certains de ses récits, notamment ceux concernant Conan le Barbare.

Le terme « hyborien » est une contraction d'hyperboréen, terme originaire du grec ancien (Ὑπερϐόρεοι / Hyperbóreoi) désignant les habitants des régions « au-delà de Borée (le vent du nord) ». Selon Howard, l'Âge Hyborien est une période fictive de l'histoire de la Terre, approximativement entre -14000 et -10000, à la fin du Paléolithique supérieur. Dans le cadre de la chronologie fictive de Howard, l'Âge Hyborien est compris entre l'Âge Thurien ou pré-cataclysmique de Kull (vers -20000) et le massacre des Pictes (vers -9500).

Howard appréciait fortement l'histoire et les récits historiques, tout en étant conscient des difficultés soulevées par les longues recherches nécessaires pour assurer l'exactitude historique. En concevant une période imaginaire, « évanouie », et en choisissant avec soin des noms rappelant l'histoire terrestre, Howard évita l'écueil des anachronismes historiques et le besoin d'une longue exposition.

S'il est absent de sa bibliothèque, et s'il n'y fait pas référence dans sa correspondance, il reste probable que la conception de l'Âge Hyborien par Howard trouve ses origines dans The Outline of Mythology de Thomas Bulfinch (1913), ouvrage qui catalysa le désir d'Howard de « fusionner en un tout cohérent ses aspirations littéraires et les puissants éléments physiques et autobiographiques qui sous-tendent la création de Conan[1]. »

Selon la nouvelle Le Phénix sur l'épée dans le recueil Conan l'Usurpateur, les aventures de Conan se déroulent … Entre les années où les océans burent Atlantis et les cités majestueuses, et les années de l'émergence des Fils d'Aryas[2].

Histoire fictive[modifier | modifier le code]

Howard a expliqué les origines et l'histoire d'Aquilonia et de son peuple dans son essai L'Âge Hyborien. Les civilisations de Thuria, la Lémurie et l'Atlantide, mentionnées dans sa série Kull, ont toutes subi un cataclysme seulement quelques siècles après le règne du roi Valusian. Voici comment Howard voyait l'histoire de l'ère hyborienne selon son essai [3] .

Les Temps Précataclysmiques[modifier | modifier le code]

Avant le cataclysme vers 18 000 avant J.C., un immense continent existe. Une carte a été publiée dans l'intégrale des chroniques de Conan 1971 à 1974 [4] .

Sur ce continent vit la civilisation de Thuran formé par ce qui allaient devenir plus tard les continents d'Europe, d'Asie et d'Afrique ainsi que de vastes terres qui n'existent plus de nos jours réunies en un seul et unique continent. Sur ce continent existe les vastes royaumes de Kamélie, de Valusie, de Vérulie, de Grondar, de Thulé et de Commorie ainsi que d'autres royaumes. Les Pictes qui vivaient à l'âge de pierre habitent dans des îles lointaines de l'Océan Occidental. L'Atlantide est un petit continent situé entre les îles Pictes et le continent de Thuria. La Lémurie est un vaste archipel d'île habité par une civilisation dont les habitants sont appelés les Lémuriens. Il existe aussi dans les zones arides du continent thurien d'autres peuples qui vive à l'état primitif. Sur les rives orientales du continent vit une civilisation non thurienne originaire d'un continent sans nom situé à l'est des îles Lémuriennes. Très loin au sud du continent se trouve une civilisation préhumaine.

Kull le conquérant vivait quelques siècles avant le cataclysme comme roi de Valusie. Le plus puissant des royaumes de l'époque. Les royaumes de Thuran se livraient sans cesse la guerre.

Vers 17000 avant J.C. survint le cataclysme qui modifia cette partie du monde et raya de la surface de la Terre la civilisation de Thuran. L'Atlantide, les îles Pictes et la Lémurie furent engloutis. De vastes secteurs du continent de Thuran s'engloutirent dans les océans ou s'effondrent pour former des lacs et des mers. Les volcans entrèrent en éruption provoquant de terribles séismes. Les riches cités et les empires s'écroulèrent. Des nations entières furent rayés de la carte.

De 17 000 à 15 000 avant J.C. : La percée hyborienne[modifier | modifier le code]

Une importante colonie de Pictes s'était installé sur les monts de Valusie au sud de la frontière avant le cataclysme. Cette colonie fut les seuls survivants de la destruction de leurs îles. Des milliers d'Atlantes qui avaient survécu au cataclysme se ruèrent et s'installèrent près des monts de Valusie. De nombreux survivants Lémuriens atteignirent la côte est du continent de Thuran mais furent réduit en esclavage par les peuples de cette partie de ce continent pour quelques milliers d'années. À l'ouest du continent, des montagnes surgirent dans les jungles impénétrables. Des lacs recouvrent des cités ruinés et des vallées jadis fertiles.

Les Atlantes qui étaient retournés à l'âge de pierre utilisèrent leur culture guerrière pour combattre continuellement les barbares pour préserver leur nouveau royaume. Ils entrèrent finalement en conflit dans de nombreuses guerres sanglantes avec la nation Picte pendant 500 ans. À la fin de ce conflit, le royaume barbare des Atlantes fut ramenés à l'état primitif et l'évolution des Pictes fut brusquement arrêtée. L'extrême sud du continent de Thuran fut la seule partie à avoir échappé au cataclysme était resté environné de mystère. Les Zhémaïs (descendants des civilisations non-valusienne) hantent les montagnes du sud ouest. Tout au nord du continent, une horde sauvage à peine humaine qui fuyait l'anéantissement générale se retrouvait dans un pays de glace où vivait uniquement un peuple d'homme singes. La horde chassa les hommes singes au-delà du cercle arctique espérant qu'ils mourraient. Les humains s'adaptèrent rapidement à ce climat glacial et réussirent à survivre.

Un second cataclysme moins violent que le premier achève de modifier la géographie terrestre en créant une mer intérieure qui fait séparer le Ponant de l'orient. Les séismes de ce cataclysme eurent raison des barbares déchirés par des guerres tribales.

Mille ans après ce cataclysme, des bandes sauvages d'hommes-singes ayant perdu la connaissance du langage, des outils et du feu errent c'était les descendants des fiers Atlantes. Les clans de disséminés de Pictes devinrent cavernicoles. Pendant ce temps, les Lémuriens réussissent à se soulever contre leur oppresseur en les massacrant. Les Lémuriens revenus à l'état sauvage règnent maintenant sur des ruines d'une civilisation étrangère. Les survivants du massacre s'enfuirent à l'ouest pour arriver vers le sud pour chasser les pré-humains. Là, ils établirent le royaume de Stygie. Les royaumes pré-humains ont survécu par endroits et des humains les vénère même longtemps après que la race des non-humains a cessé d'exister.

À l'extrême nord, les descendants des humains (qui avaient chassés les hommes-singes autrefois) avaient évolué. Leur dieu se nomme Bori et quelques siècles plus tard prennent ainsi le nom d'Hyboriens. En réalité Bori était un de leurs chefs tellement célèbre que la légende le propulsa au rang de divinité. 1 500 années dans les pays de glace ont fait de ce peuple une ethnie de guerriers vigoureux. Au bout de ces 1 500 ans d'errance emmena cette tribu vers le sud. Entretemps un voyageur de cette époque répand la nouvelle que le désert de glace du nord était habité par les hommes-singes descendant du peuple chassés par les premiers Hyboriens. Le voyageur repartit dans désert de glace du nord accompagné par plusieurs guerriers pour exterminer ce peuple d'hommes-singe. Personne ne revint de cette expédition.

La migration des tribus hyboriennes se dirigent toujours vers le sud et elles vont faire de la prochaine époque, une ère de conquête.

Les débuts de l'Âge Hyborien[modifier | modifier le code]

La population des tribus hyboriennes continuant d'augmenter, le besoin de nouvelles terres augmenta également. Les Hyboriens commencèrent leur expansion au-delà de leurs territoires familiers, à commencer une nouvelle ère d'errances et de conquêtes. Pendant cinq cents ans, les Hyboriens se propagèrent vers le Sud et l'Ouest de leur continent sans nom (mais que Howard appelle « continent thurien », « Thuria » ou, déjà à l'Âge Hyborien, « Hyborie »).

Ils y rencontrèrent d'autres groupes tribaux pour la première fois depuis des millénaires. Ils vainquirent de nombreux clans plus petits de différentes origines. Les survivants des clans vaincus furent absorbés par le peuple conquérant, transmettant leurs traits raciaux aux nouvelles générations d'Hyboriens. Les tribus hyboriennes de sang-mélé furent à leur tour obligées de défendre leurs nouveaux territoires des tribus de pur sang hyborien qui suivaient les mêmes itinéraires de migration. Souvent, les nouveaux envahisseurs vainquaient les défenseurs avant de les absorber, ce qui entraîna un lacis de tribus et nations hyboriennes avec divers éléments s'entremèlant au sein de leurs lignées ancestrales.

Le premier royaume hyborien organisé à émerger fut l'Hyperborée. La tribu qui l'établit entrait dans l'ère néolithique, apprenant à construire des ouvrages en pierre, en grande partie à des fins de fortification. Ces nomades vivaient dans des tentes faites de peaux de chevaux, mais ils abandonnèrent bientôt leur habitat premier au profit de durables maisons de pierre. Ils s'installèrent définitivement dans des habitats fortifiés et développèrent l'architecture cyclopéenne afin de continuer à fortifier leurs murs défensifs.

Les Hyperboréens étaient alors les plus avancés des tribus hyboriennes et ils se mirent à étendre leur royaume en attaquant leurs voisins, des tribus qui défendirent farouchement leurs territoires mais les perdirent et furent contraints de migrer ailleurs. D'autres fuirent la voie de l'expansion Hyperboréenne avant même de s'engager dans la guerre. En attendant, les hommes-singes du cercle polaire arctique avaient émergé comme une nouvelle race d'humains, blonds et grands. Ils commencèrent leur propre migration vers le sud, en déplaçant les plus septentrionales des tribus hyboriennes[5].

Les Maîtres de l'Ouest[modifier | modifier le code]

Durant les mille années suivantes, les nations guerrières hyboriennes se développèrent jusqu'à devenir les dirigeants des régions occidentales du continent sans nom. Ils rencontrèrent les Pictes et les contraignirent à se contenter à l'ouest de friches qui viendraient à être connue comme le Désert des Pictes. À l'instar de leurs cousins hyperboréens, d'autres Hyboriens commencèrent à s'installer et à créer leurs propres royaumes.

La plus méridionale de ces jeunes nations a été Koth, qui s'établit au nord des terres de Shem et commença bientôt à étendre son influence culturelle sur les bergers du sud. Juste au sud du Désert Picte se trouvait la vallée fertile appelée Zing. La tribu hyborienne errante qui la conquit trouva d'autres peuples déjà installés là-bas. Ils comprenaient une nation agricole (anonyme dans l'essai) apparentée à la population de Shem, et une tribu guerrière Picte qui l'avait déjà conquise. Ils absorbèrent les vaincus dans leur tribu. Hyboriens, Pictes et les parents sans nom des Shemites fusionnèrent en une nation s'appelant Zingara.

D'autre part, au nord du continent, les envahisseurs aux cheveux blonds du cercle polaire arctique avaient grandi en nombre et en puissance. Ils poursuivirent leur expansion vers le sud, ce qui entraina en retour la migration des tribus hyboriennes vaincues vers le sud. Même Hyperborée fut conquise par l'un de ces clans barbares. Mais ici, les conquérants décidèrent de maintenir le royaume, gardant son ancien nom, fusionnèrent avec les Hyperboréens vaincus, et adoptèrent certains éléments de la culture hyborienne. Malgré les guerres et les migrations continues, les autres régions du continent restèrent dans l'état pour cinq nouveaux siècles[5].

Le monde[modifier | modifier le code]

Les récits de l'Âge Hyborien se déroulent principalement en Europe et en Afrique du Nord, avec parfois des allusions à l'Asie et à d'autres continents. D'après une carte dessinée par Howard en 1932, la géographie de ces régions est nettement différente, correspondant en partie aux modifications géographiques qui survenaient lors des périodes glaciaires : la Méditerranée, la mer Noire, la Baltique et la mer du Nord sont asséchées, mais la mer Caspienne, renommée « mer Vilayet », s'étend jusqu'au cercle polaire. La côte occidentale de l'Afrique gît également sous les eaux.

Pour nommer les royaumes imaginaires de l'Âge Hyborien, Howard puisa dans diverses sources mythologiques et historiques : par exemple, Khitai correspond à la Chine, loin à l'Est, et Corinthie est son nom pour une civilisation hellénique.

Correspondances[modifier | modifier le code]

Royaumes et régions[modifier | modifier le code]

  • Le royaume disparu d'Achéron correspond à l'Empire romain. Son territoire couvrait l'Aquilonie, la Némédie et Argos. Dans la mythologie grecque, l'Achéron est l'un des quatre fleuves des Enfers.
  • Afghulistan : régions habitées par diverses tribus des monts Himéliens, correspond à l'Afghanistan. Le nom est un mélange de Ghulistan (voir plus bas) et Afghanistan.
  • Amazones : mentionné dans l'essai d'Howard L'Âge Hyborien, le royaume des Amazones fait référence à diverses légendes concernant des Amazones africaines, notamment les Amazones du Dahomey. Dans la mythologie grecque, l'Amazonie était le territoire d'une nation scythes de femmes guerrières d'Asie mineure, rivale puis alliée de Troie face au péril des Achéens.
  • Aquilonie : correspond à la France médiévale, avec quelques aspects romains et anglais. Aquilonia est le nom d'une ville d'Italie du Sud et un ancien nom de Quimper, une ville de Bretagne, mais le nom de l'Aquilonie ressemble également à celui de l'Aquitaine.
  • Argos est inspiré par les divers États commerçants de la Méditerranée. Ce nom provient peut-être de l’Argo, navire des Argonautes, ou de la cité grecque d'Argos.
  • Asgard : correspond à la Scandinavie médiévale. Dans la mythologie nordique, l'Ásgard est la résidence des Ases.
  • La Brythunie correspondrait aux terres d'origines des Angles et des Saxons, avant que ceux-ci n'envahissent la Grande-Bretagne ; la civilisation décrite par Howard ressemble toutefois plus à celle de la Pologne médiévale. Le nom Brythunie dérive du gallois Brython « breton ».

L'autre hypothèse, bien plus probable de par sa proximité phonétique et géographique avec la région habitée par les cimmériens historiques de l'antiquité, la Crimée, serait la Bythinie, province anatolienne bordant la rive sud du Pont-Euxin.

  • La Cimmérie (du moins ses montagnes selon l'essai "the Hyborian Age" de Howard ) englobe -avec une connotation clairement celtique- l'Irlande, l'Écosse et l'Angleterre et se morcellera justement en trois parties y correspondant après le cataclysme marquant la fin de l'Âge Hyborien ; Howard a écrit que les Cimmériens vivaient dans un pays fortement nuageux au relief tourmenté et étaient les ancêtres directs des Gaëls.

Les Cimmériens (historiques) sont également un peuple semi-nomade de l'Antiquité apparenté aux peuples iraniens, scythes et thraces, ayant habité dans le Bosphore cimmérien et la Tauride, comprenant l'actuelle Crimée, ceci étant attesté dès la deuxième moitié du 2e millénaire avant notre ère.

Autres lieux[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Patrice Louinet, Hyborian Genesis: Part 1, The Coming of Conan the Cimmerian, Del Rey, 2003, p. 434
  2. (en)The Phoenix on the Sword sur (en)Wikipedia en anglais
  3. publié dans l'intégrale Les Chroniques de Conan 1971 à 1974
  4. http://tchan.skynetblogs.be/kull-le-roi-barbare/
  5. a et b (en)The Hyborian Age
  6. Ce royaume n'a pas été inventé par Howard, mais par ses « continuateurs » L. Sprague de Camp et Lin Carter.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]