Árvak et Alsvid

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Les loups poursuivent le char de Máni et celui de Sól tiré par Árvak et Alsvid. Illustration de H. Hélène Adeline Guerber, 1909.

Árvak et Alsvid (ou Alsvin) sont, dans la mythologie nordique, les deux chevaux qui tirent le char de la déesse du soleil Sól à travers le ciel chaque jour. Leur crinière émet la lumière du jour, et le char qu'ils tractent est poursuivi par le loup Skoll, qui tente de dévorer le soleil. Le dieu Odin a fait graver des runes sur les oreilles d'Árvak et les sabots d'Alsvid.

Étymologie[modifier | modifier le code]

En vieux norrois, Árvak signifie « Tôt levé[1] » et Alsvid « Très rapide[2] ».

Mention dans les textes[modifier | modifier le code]

La mythologie nordique raconte que les dieux gouvernent le passage des jours, des nuits et des saisons. Ils façonnent le Soleil à partir d'une étincelle des flammes de Muspellheim, mais sans conducteur, l'astre demeure immobile. La déesse du soleil, Sól, fille de Mundilfari épouse de Glen, est enlevée par les dieux pour conduire le char. Pour la protéger ainsi que le char de l'immense chaleur dégagée par le Soleil, les Dieux placent deux énormes soufflets, Isarnkoll (« le froid de fer ») à l'encolure des deux coursiers attelés au char, Árvak et Alsvid. Depuis, Sól rôde toute la journée dans le ciel sur son char tiré par ses deux chevaux, en portant l'astre du jour. Elle ne peut arrêter sa course car elle est poursuivie durant toute la journée par Skoll, un loup qui veut dévorer le Soleil et provoque des éclipses solaires lorsqu'il parvient presque à le rattraper. Il est prévu qu'au jour du Ragnarök, Skoll parviendra à rattraper et dévorer le soleil[3].

Dans le Sigrdrifumal, qui fait partie de l'Edda poétique, Odin grave des runes sur les oreilles d'Árvak et les sabots d'Alsvid[4]. Dans la Volsunga saga, Brunehilde informe Sigurdr que des runes de l'esprit, associées à la sagesse, sont coupées sur la tête d'Alsvid[5]. Les deux chevaux ne sont toutefois nommés que dans le Gylfaginninig et le Grímnismál, leurs noms y sont fréquemment associés aux descriptions du Soleil[4].

Gylfaginning[modifier | modifier le code]

Le chariot du soleil vu par W. G. Collingwood en 1908.

Alsvid et Árvak sont mentionnés dans le Gylfaginning « La fascination de Gylfi » (11), première partie de l'Edda en prose par Snorri Sturluson :

Texte original en vieux norrois, Gylfaginning, 11. Traduction française.

En goðin reiddust þessu ofdrambi ok tóku þau systkin ok settu upp á himin, létu Sól keyra þá hesta, er drógu kerru sólarinnar, þeirar er goðin höfðu skapat til at lýsa heimana af þeiri síu, er flaug ór Múspellsheimi. Þeir hestar heita svá, Árvakr ok Alsviðr, en undir bógum hestanna settu goðin tvá vindbelgi at kæla þá, en í sumum fræðum er þat kallat ísarnkol[6].

Grímnismál[modifier | modifier le code]

Ces deux chevaux sont également cités dans le poème de l'Edda poétique, Grímnismál « Le chant de Grímnir » (37) :

Texte original en vieux norrois, Grímnismál chant 37. Traduction française.

þeir skolo upp heðan
svangir sól draga;
en und þeira bógóm
fálo blíð regin
æsir, ísarnkol[7].

Légendes similaires[modifier | modifier le code]

La fonction de ces deux chevaux est de tracter le char du soleil à travers le ciel chaque jour[2]. Toujours dans la mythologie nordique, le Géant Dagr (« Jour ») parcourt lui aussi le ciel sur son cheval Skinfaxi (« Crinière brillante »), qui éclaire le monde. Beaucoup de mythologies et de religion comptent un « chariot du soleil » tracté par des chevaux. Dans la mythologie perse et la mythologie phrygienne, Mithras et Attis mènent de tels chars. Apollon, dans la mythologie grecque, en possède également un[8]. Auparavant, les chevaux du soleil sont menés par Hélios.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Ces deux chevaux sont cités dans le roman d'Esther Freud, The Wild[9]. Arvak est présent, sous la forme d'un cheval squelette de couleur bleue à la crinière enflammée, dans le jeu The Elder Scrolls V : Skyrim[10]. Arvak & Alsvid est aussi le titre d'une chanson du groupe japonais Drakskip[11]. Ils figurent sur une série de timbres thématiques du Sierra Leone, consacrés aux chevaux des mythologies[12]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Simek 2007, p. 19
  2. a et b Simek 2007, p. 10-11
  3. (en) Snorri Sturluson, Edda : Prologue and Gylfaginning : Edited by Anthony Faulkes, Londres, Viking Society for Northern Research,‎ 1988 (ISBN 0-903521-21-0), chap 6 et 7
  4. a et b Daly et Rengel 2009, p. 5
  5. (en) Winder McConnell, Werner Wunderlich, Frank Gentry et Ulrich Mueller, The Nibelungen Tradition: An Encyclopedia, Routledge, 2013, (ISBN 1136750193 et 9781136750199), p. "Alsvid", dict.
  6. Snorri Sturluson, Edda de Snorri, chant XI
  7. Edda poétique, Grímnismál, 37.
  8. (en) Jane Alexander, The Body, Mind, Spirit Miscellany: The Ultimate Collection of Fascinations, Facts, Truths, and Insights, Sterling Publishing Company, Inc., 2009, (ISBN 1844838374 et 9781844838370), p. 14
  9. (en) Esther Freud, The Wild, Bloomsbury Publishing, 2012, (ISBN 1408831643 et 9781408831649), p. 240
  10. (en) [vidéo] Skyrim - How to Unlock The Arvak Horse sur YouTube
  11. (en) [vidéo] Drakskip - Arvak & Alsvid sur YouTube
  12. [image] (en) Modèle:Url=http://stamp-search.com/images/sie0205sh-mythology.jpg

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]